Perspectives de la visite du Premier Ministre français Manuel Valls à Berlin

Lundi 22 Septembre, Manuel Valls doit rencontrer la Chancelière allemande pour discuter du positionnement économique de la France en Europe. L’objectif pour le Premier ministre français est de convaincre Berlin d’infléchir la politique européenne concernant la rigueur budgétaire.

 

Perspectives de la visite du Premier Ministre français Manuel Valls à Berlin

 

Cette rencontre va avoir lieu alors que les tensions entre les deux pays ont repris de plus belle. En effet, dans un discours devant le Bundestag lors de la validation du budget de l’année 2015, Mme Merkel s’est lancé dans un éloge de l’austérité, applaudissant le premier budget équilibré depuis 1969.

De plus les français se sont attirés les foudres de leurs voisins germaniques avec pour la troisième année consécutive un déficit supérieur aux 3,7% fixés par l’Europe sous l’influence de la Chancelière (le déficit français est de 4,3% du PIB pour l’année 2013.) Sans oublier l’impopularité de l’actuel majorité, fragilisée par des sondages d’opinion historiquement bas et une majorité parlementaire qui se morcelle.

D’après Matignon, il ne s’agit pas pour M. Valls de se rendre sur place pour s’excuser auprès de la Chancelière, il s’agit d’expliquer. Le Premier ministre dit vouloir la convaincre de sa détermination à poursuivre les réformes conduites en France. Il souhaite, selon son entourage, défendre l’idée « d’une coalition pour la croissance et l’investissement en Europe » – initiative qui prévoit des accords avec les italiens et les espagnols sous peu.

Les analystes côté allemand excluent un changement de politique générale en faveur de Pairs, mais s’attendent tout de même à ce que Mme Merkel encourage M. Valls à poursuivre les réformes. « En Allemagne, on a compris que ça ne servait à rien de taper en public sur la France. (…) Quand l’Allemagne élève la voix, ça sert surtout le Front National », soulignait Claire Demesmay, experte des relations franco-allemandes pour le centre de réflexion berlinois DGAP. Le quotidien centre-gauche, Frankfurter Rundschau jugeait pour sa part : « [Comme] à l’Assemblée nationale, on va lui accorder la confiance en grinçant des dents. »

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