Justice internationale : Karadzic était « l’élément moteur » du nettoyage ethnique bosniaque

Lundi, le procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) à La Haye a déclaré que l’ancien président des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, était « l’élément moteur » de l’épuration ethnique en Bosnie pendant la guerre qui a mis le feu à la région entre 1992 et 1995.

 

Radovan Karadži?

 

L’ex-chef politique lors de la guerre de Bosnie, Radovan Karadzic, doit répondre de 11 chefs de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide commis pendant le guerre de Bosnie-Herzégovine. Ce conflit a causé près de 100 000 morts et quelques 2,2 millions de déplacés.

Au lancement de la guerre, l’accusé, aux côtés de l’ancien président Slobodan Milosevic, a entrepris une purification ethnique des populations musulmanes après le démantèlement de la Yougoslavie en 1991. Les atrocités ont atteint un pic lorsque 8000 hommes et garçons musulmans ont trouvé la mort à Srebrenica en juillet 1995. Il s’agit du pire massacre commis en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.

L’accusation, dans son réquisitoire, a demandé la réclusion à perpétuité pour l’ancien dirigeant de la Republika Srpska. Le procureur Alan Tieger s’est prononcé : « après [la consultation de] centaines de témoignages, 80.000 pages de transcriptions et 10.000 pièces à conviction, » avant d’ajouter « la politique de nettoyage ethnique est désormais mise au jour. Et Karadzic en a été l’artisan. »

Le jugement définitif est prévu pour octobre 2015, et l’accusé – qui assure lui-même sa défense – continue à plaider non coupable. Il s’agirait pour ce dernier d’accusations fallacieuses, et il va jusqu’à qualifier les massacres imputés aux Serbes de Bosnie de « mises en scène par les musulmans » décrivant les évènements de Srebrenica comme un « mythe. » Il remet également en cause l’autorité du TPIY, qu’il qualifie d’instrument politique au service de l’OTAN.

L’ancien président serbe, Slobodan Milosevic, est mort en 2006 avant que les poursuites à son égard n’aient pu mener à une condamnation.

 

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