Les iraniens qui ont répliqué le clip de « Happy » condamnées pour « vulgarité »

L’auteur-compositeur-interprète Pharrell Williams a réussi un véritable coup de maître en 2013 avec la mise en ligne de son tube viral « Happy, » accompagné d’une vidéo tournée à Los Angeles qui ne durait pas moins de 24 heures.

 

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La vidéo montrait des groupes de jeunes gens et de célébrités filmés aux quatre coins de la ville, à toute heure de la journée, chantant et dansant sur le morceau de Pharrell. Un peu partout dans le monde, des internautes ont eux-mêmes filmé leur propre version de la vidéo, célébrant dans les rues de leur ville, présentant les habitants, monuments et coutumes de leur ville.

Ces clips sont recensés sur les sites www.wearehappyfrom.com et www.happyfromwww.com (il est existerait près de 1300 dont pas moins de 200 tournées en France).

A la mi-avril 2014, un groupe de six étudiants iraniens a repris cette vidéo à Téhéran (on y reconnaît le grand portail de l’université de Téhéran, la place emblématique d’Azadi -« liberté » en persan – et les alentours de la grande cité occidentale Shahrak Ekbatan).

Bien mal leur an a pris, il ont étés arrêtés les 20 mai dernier. Le chef de la police de Téhéran, Hossein Sajedinia à ce propos a déclaré « après avoir repéré un clip vulgaire, qui a heurté la chasteté du public sur Internet, la police a décidé d’identifier ceux qui y étaient impliqués. » La condamnation ? Six mois de prison avec sursis et 91 coups de fouet.

Dans la vidéo postée sur YouTube les femmes ne portaient pas le voile, ce qui est en contradiction avec la loi islamique, en vigueur en Iran depuis 1979. Une unité dite de « moralité » de la police a même été créée pour s’assurer du respect du texte. Internet est également censuré par les autorités iraniennes, qui bloquent la plupart des accès aux réseaux sociaux.

Cela intervient après l’accalmie qui a suivie l’élection du Président modéré Hassan Rohani – il a même demandé à la police de faire preuve de tolérance au sujet du port du voile islamique. La condamnation des six participants à la vidéo montre que les conservateurs sont néanmoins encore très influents en Iran aujourd’hui, et qu’ils ne comptent pas rendre les armes devant « l’occidentalisation croissante de la jeunesse. »

On peut rappeler le succès de la page Facebook « liberté furtive » qui recueillait des centaines photos de jeunes iraniennes sans voile (130 000 likes). Le droit des femmes et les libertés publiques en Iran semblent revenir au coeur du débat.

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