Décryptage du nouveau gouvernement belge

135 jours après les élections législatives et à l’issue de 29 heures négociation, la Belgique a un nouveau gouvernement. Il s’agit d’une coalition de droite, originale à bien des égards.

 

BELGIUM BRUSSELS MR ELECTIONS LISTS

 

Charles Michel – 38 ans – deviendra, samedi 11 octobre, le prochain premier ministre belge après l’accord sur la formation d’un gouvernement. La crise ayant précédé la formation du gouvernement Di Rupo (2010 -2012) avait elle duré 541 jours. Cela était dû au refus des partis français de s’associer au NVA (Alliance néo-flamande) parti séparatiste, et depuis 2010 le mieux représenté à la Chambre des Représentants.

« Nous avons conclu un accord de gouvernement et un accord sur un cadre budgétaire qui amène le budget de la Belgique à l’équilibre en 2018″ a déclaré le nouveau chef du gouvernement. Outre l’age du Premier ministre, ce qui tend à surprendre est le caractère totalement inédit de la nouvelle coalition. Elle regroupe trois partis flamands : Alliance néo-flamande (NVA), les chrétiens-démocrates flamands (CD&V) et les libéraux flamands (Open VLD), avec les libéraux francophones du MR.

Il faut rappeler que a Belgique n’avait plus été gouvernée exclusivement « à droite » depuis 1987. Les commentateurs parlent même du « gouvernement le plus à droite depuis 1830. » EG Autre point surprenant, les partis français sont principalement tenus à l’écart de la nouvelle coalition – bien que le premier ministre soit issu d’un parti francophone. De fait, pour la première fois depuis un quart de siècle, le PS belge – également premier parti de Wallonie – se retrouve exclu du gouvernement.

L’alliance proposée entre ces partis avait été traitée de coalition « kamikaze. » L’expérience nous dira si ces doutes sont fondés. Du sang neuf sera peut-être la solution dans un pays où les deux communautés majoritaires sont de plus en plus divisées. Mais cette nouvelle configuration pourrait faire naître une réelle hostilité vis-à-vis de l’état fédéral chez les wallons. Il s’agirait alors d’un inversement surprenant de la tendance actuelle.

 

Laisser un commentaire

*