La bataille de Kobané pourrait pousser le PPK à reprendre les armes

Depuis trois jours, des miliciens du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) attaquent un poste frontière de Daglica, gardé par des forces de sécurité turques. Ulcéré par l’attitude attentiste de la Turquie et par sa répression des manifestants kurdes souhaitant une intervention de soutien à Kobané, le parti semble avoir repris les armes.

 

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Les chasseurs de l’armée de l’air turque ont bombardé, lundi 13 octobre, des positions du PKK et des hélicoptères ont étés dépêchés dans la région de Tunceli, selon les autorités turques. Si aucune annonce officielle n’a été diffusée, cela semble de fait mettre un terme au cessez le feu décrété par les rebelles kurdes en mars 2013.

De violentes manifestations prokurdes avaient eu lieu au sud-est du pays, où la population est majoritairement issue de cette ethnie. Elles avaient été réprimées sans ménagement par le régime islamo-conservateur turc, et plus de 30 personnes avaient perdu la vie.

N’en pouvant plus d’assister impuissants au massacre des leurs, à quelques kilomètres de la frontière, dans la ville de Kobané, les kurdes avaient déjà menacé de reprendre les armes contre Ankara. Cette ville est le théâtre d’une lutte désespérée contre les force du groupe djihadiste « Etat islamique, » en pleine conquête de territoire dans la région

C’est Cemil Bayik, membre fondateur et le plus haut dirigeant en liberté du PKK, qui a menacé le régime d’Erdogan dans un entretien à la chaîne de télévision allemande ARD à Erbil, capitale du Kurdistan irakien autonome. « Nous avons averti la Turquie. Si elle continue dans cette voie, nous reprendrons notre guérilla pour défendre notre peuple. »

L’insurrection du PPK a tué plus de 40 000 personne depuis son début en 1984. Les kurdes avaient ensuite décrété un cessez-le-feu unilatéral. Il est aujourd’hui mis en péril par les affrontements contre l’EI.

 

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