Benghazi théâtre d’affrontements violents entre les forces du général Khalifa Haftar et les milices islamistes

Depuis la chute de Mouamar Kadhafi, l’Etat libyen s’est lentement désagrégé. Le pays, au bord de l’implosion, est aujourd’hui divisé en plusieurs factions armées qui combattent pour la suprématie. Au moins 25 personnes ont été tuées mercredi matin à Benghazi lors intervention des forces du général Haftar.

 

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En Libye, l’espoir d’une transition démocratique s’est évanoui. Presque trois ans jour pour jour après la mort Mouammar Kadhafi à Syrte, et la proclamation de la « libération » du pays par le Conseil national de transition, le pays est plongé dans le chaos. Le premier ministre Ali Zeidan a pris la fuite le 11 mars dernier, sans avoir su rétablir l’ordre ou reprendre le contrôle des installations pétrolières aux mains de groupes armés.

Ces groupes de rebelles, qui ont combattu côte à côte durant la révolution, n’ont pas été désarmés et se sont aujourd’hui constitués en milices tribales lourdement équipées, dont certaines refusent de reconnaître le pouvoir en place.

Dans ce contexte, le général Khalifa Haftar, un ancien haut gradé du régime Kadhafi s’étant exilé aux Etats-Unis, retourne en Libye et prend la tête d’une force pour combattre les groupes islamistes rebelles dans l’Est. D’abord considéré comme un coup d’Etat, le retour du général est maintenant soutenu par l’armée et les autorités de transition – elles n’avaient jusqu’alors pas de force armée pour faire régner l’ordre – ainsi qu’une partie de l’opinion, exaspérée par l’anarchie ambiante.

Ce rapprochement entre Haftar et les autorités de transition a été dénoncé par la coalition de milices armées, notamment islamistes, et originaires de l’est du pays. Cette coalition, « Fajr Libya » (« aube de la Libye ») a formé un gouvernement parallèle et lancé une offensive contre Tripoli.

Une nouveau front a également été ouvert à l’ouest de la ville. Le professeur Fradj Najm l’explique comme étant  » le résultat d’une lutte pour le pouvoir et l’argent, après la défaite des islamistes dans les élections législatives de juin. » Fin septembre, l’ONU avait tenté d’instaurer un dialogue entre les milices et le camp du général Haftar. Ces violences risquent de compromettre définitivement les efforts de paix.

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