Accord à minima à Lima sur les engagements de réduction des émissions de CO2

Les pays engagés dans des négociations marathon à la conférence de l’ONU de Lima visant à limiter le réchauffement climatique sont parvenus dimanche à dépasser un clivage Nord-Sud et à conclure, in extremis, un accord. Les 196 délégations ont adopté un texte fixant le format de leurs futurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

 

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La conférence internationale sur le climat à Lima est passée tout près de l’échec mais les pays développés et émergents ont finalement trouvé un terrain d’entente hier, sur un nouvel accord global censé réduire les émissions de gaz à effet de serre. “Permettez-moi de vous dire que ce texte n’est parfait, mais il respecte les positions de toutes les parties et nous sommes tous gagnants, sans exception”, a déclaré le ministre péruvien de l’Environnement Manuel Pulgar-Vidal, chef d’orchestre durant ces longues tractations.

Les engagements des pays, sous l’égide de l’ONU, doivent permettre une baisse globale des émissions de CO2 de 40 à 70 % d’ici 2050. C’est déjà un pas en avant, car pour la première fois de l’histoire tous les membres de l’Onu sont prêts à contribuer au passage à une industrie à faible émission. Cette régularisation des émissions de gazes à effet de serre – en particulier du CO2 – est une nécessité absolue pour parvenir à ne pas dépasser le seuil de 2 °C par rapport à l’ère pré-industrielle. L’ONU publiera fin 2015 une synthèse agrégeant les différents engagements.

Les pays du Sud exigeaient que les « contributions nationales » comprennent aussi des actions d’adaptation au réchauffement et des soutiens financiers à leur égard, deux points mentionnés dans l’accord, sans pour autant faire l’objet d’obligations. Le Sud réclamait aussi, sans succès, des précisions sur les canaux de financement qui doivent permettre d’arriver à 100 milliards de dollars d’aide en 2020 et qui restent flous. Plusieurs interventions des pays en voie de développement ont fait état de leur déception eu égard au manque d’ambition de certains pays.

Cet accord est également insuffisant pour les militants écologistes, qui attendaient plus d’engagements et des financements clairement définis pour lutter contre le réchauffement climatique comme l’a expliqué cette représentante du WWF : “nous sommes venus ici en surfant sur une vague d’optimisme portée par les annonces des États-Unis et la Chine. Nous avons eu beaucoup de bonnes nouvelles venant des pays d’Amérique latine sur les énergies renouvelables, la protection des forêts. Et maintenant, nous avons un texte faible et une route incroyablement difficile pour Paris si voulons avoir un bon accord mondial”.

Le projet de texte, élaboré lors de la conférence des membres de la Convention-cadre de l’Onu sur les changements climatiques, constituera la base des négociations qui prépareront la prochaine conférence à Paris. C’est en France, en décembre 2015, que les dirigeants de l’Onu signeront un nouvel accord global destiné à remplacer le protocole de Kyoto de 2002.

 

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