Le blogueur saoudien Raif Badawi risquerait la peine de mort pour apostasie

Le blogueur saoudien Raif Badawi risquerait la peine de mort pour apostasie

Selon les dires de son épouse, le blogueur saoudien Raif Badawi pourrait être une nouvelle fois jugé pour apostasie, crime passible de la peine de mort dans son pays.

Après avoir été condamné à dix ans de prison, 1.000 coups de fouet et 1 million de riyals saoudiens (environ 226 000 euros) d’amende pour « insultes à l’islam », le blogueur saoudien Raïf Badawi, qui avait ouvert un forum en ligne de débat public, risquerait d’être à nouveau jugé devant la Cour criminelle d’Arabie Saoudite.

Bien connue pour ses décisions jugées barbares par certains, la Cour criminelle saoudienne souhaiterait dorénavant rejuger Raïf Badawi pour apostasie, crime requérant la peine de mort dans ce royaume ultra-conservateur.

C’est en tout cas ce qu’affirme l’épouse de Badawi, Ensaf Haidar, dans des propos relayés par le The Independant. Réfugiée au Canada depuis 2012 avec ses enfants, elle aurait contacté le média britannique à plusieurs reprises : « Nous avons des raisons de croire que le même juge a de nouveau demandé au chef de la Cour d’appel de juger Raif Badawi pour apostasie. Nous appelons les citoyens du monde et les gouvernements à ne pas laisser Raif Badawi se faire traîner à mort par ces fanatiques. Et nous renouvelons nos appels à sa Majesté le Roi Salman de pardonner Raif Badawi et lui permettre de quitter le pays », déclare-t-elle dans l’un de ses messages.

« Ces informations dangereuses », Ensaf Haidar affirme les tenir de « sources officielles » venues directement d’Arabie Saoudite.

Remerciant la communauté internationale, qui « nous aide énormément », l’épouse du blogueur semble perdre espoir. Selon elle, cette mobilisation, qui comprend notamment le soutien d’Amnesty International, pourrait ne pas être suffisante pour « faire fléchir un pays comme l’Arabie Saoudite ». Elle poursuit, « tant que la peine n’est pas annulée, les coups de fouet peuvent reprendre. Et cela, dès vendredi prochain (dès demain, Ndlr). »

Liberté d’expression

Pour rappel, Raif Badawi avait déjà été poursuivi en justice pour apostasie en 2013, le tribunal avait toutefois reconnu qu’il était bien musulman. Son avocat, Waleed Abu al Khair, éminent défenseur des droits de l’Homme, a quant à lui été condamné à quinze ans de prison le 12 janvier.

Des représentants d’Arabie Saoudite étaient présents à Paris lors de la marche en honneur de la liberté d’expression organisée le 11 janvier, soit deux jours après les derniers coups de fouets donnés à Raïf Badawi.

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