Les « peaux-rouges » n’apprécient pas Tintin

Les « peaux-rouges » n’apprécient pas Tintin

« Tintin au Congo » est depuis maintenant plusieurs décennies accusé d’apologie du racisme. De nombreuses associations ont même déjà exigé la fin de la publication de la BD, la jugeant discriminante pour les personnes d’origine africaine ou bien de couleur noire. En 2012, la justice belge tranchait, en affirmant que l’album « Tintin au Congo » n’était pas raciste. Toutefois, dans d’autres pays comme la Grande-Bretagne, l’album est rangé dans les catégories pour adultes, afin d’éviter les plaintes.

Cette fois-ci, ce sont des habitants de Winnipeg, dans le sud du Canada, qui réclament le retrait de « Tintin en Amérique » des étalages des librairies « Chapter’s ». D’après l’une de ces résidentes en colère, « les Indiens sont présentés comme des êtres sauvages et dangereux », tandis que « le petit Tintin, sans défense, fait écho au racisme que nous subissons ici ».

Le troisième volet de la bande dessinée du célèbre reporter à la mèche et au pantalon dans les chaussettes, édité en 1932, porterait offense à l’image des Autochtones. À plusieurs reprises en effet, Hergé les désigne en effet comme « peaux-rouges ». Leslie Spillet, activiste engagée dans la cause des amérindiens l’affirme au micro de Radio-Canada, « ça alimente les stéréotypes », poursuivant, « les Indiens sont présentés comme des êtres sauvages et dangereux, des êtres que l’on doit craindre ».

Les raisons de cette colère sont honnêtes, car la question des Autochtones est, en effet, très délicate dans cette province du Canada. Ils représentent ainsi plus de 15 % de la population et selon des documents du gouvernement fédéral publiés au mois de janvier dans le quotidien « La Presse canadienne », ils auraient plus de chance « de grandir dans la pauvreté, d’abandonner l’école, de dépendre de l’aide sociale, de vivre dans des logements délabrés et d’être victimes de violence familiale ».

Afin de calmer les esprits, la librairie Chapter’s a d’abord retiré l’album de ses rayons, avant de le remettre en vente un jour après. Les responsables du magasin estimant au final qu’un livre doit être retiré de la vente uniquement « s’il incite à la violence, s’il contient de la pédophilie ou s’il présente des instructions sur la fabrication d’armes ».

Vestige du colonialisme

Les premières polémiques autour de la bande dessinée avaient éclatées en 2007, une association britannique avait ainsi demandé aux libraires du Royaume-Uni de retirer l’album « Tintin au Congo » des rayons. Deux plaintes avaient été formulées : la première venant d’un Congolais vivant en Belgique, Bienvenu Mbutu Mondondo, et la deuxième du Conseil représentatif des associations noires (Cran), association française qui avait réclamé des éditions Casterman et de la SA Moulinsart, gestionnaire de l’œuvre d’Hergé, l’arrêt de toute exploitation commerciale de la BD.

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