Tchernobyl. Trente ans après, la faune reprend ses droits

Tchernobyl. Trente ans après, la faune reprend ses droits

Trente ans après la catastrophe de Tchernobyl, de nombreux animaux auraient réinvesti la zone désertée autour de l’ancienne centrale nucléaire, selon un recensement récent.

Une faune florissante d’élans, cerfs, chevreuils, sangliers et loups, aurait été observée dans la zone d’exclusion proche de la centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine, qui a été désertée par l’Homme après la catastrophe survenue en avril 1986.

Le recensement effectué, et dont les résultats ont été révélés dans le magazine Current Biology, indique que ces mammifères sont autant présents à l’intérieur du périmètre de 4 200 km2 autour de l’ancienne centrale, que dans les réserves alentours où aucune radioactivité n’a été officiellement décelée.

Ces examens, effectués grâce à un hélicoptère, ont montré que les populations d’élans, de chevreuils et de sangliers ont progressé à Tchernobyl au cours d’une période comprise entre un et dix ans après la catastrophe, au moment où celles-ci déclinaient dans d’autres régions de l’ex-Union soviétique, détaillent les chercheurs.

Depuis les airs, les scientifiques ont ainsi pu constater que les populations de loups sont sept fois supérieures à celle des parcs environnants à l’endroit même où un vaste incendie, déclenché par l’explosion du réacteur, avait ravagé la végétation.

Jim Smith de l’Université de Portsmouth au Royaume-Uni, un des coauteurs de cette étude, pense même qu’il serait très probable que ces espèces soient beaucoup plus présentes qu’avant l’accident. Un constat qui ne signifie aucunement que la radioactivité est bénéfique à la faune sauvage, mais que les activités humaines comme l’agriculture et l’exploitation forestière, ou encore la chasse, sont pires, et font réduire les populations d’animaux comme peau de chagrin.

Si les premiers travaux menés après l’explosion dévoilaient les effets néfastes de l’irradiation sur les populations animales, ce dernier examen montre comment la nature s’emploie énergiquement à reprendre ses droits. En outre, ce genre d’étude peut servir de base de réflexion pour des travaux similaires au sujet des probables impacts à long terme sur l’environnement de la catastrophe de Fukushima.

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