CEMAC : vers une croissance moins forte mais durable

CEMAC : vers une croissance moins forte mais durable

Pour contrer le ralentissement de leur croissance à la suite de la chute des cours pétroliers et aux problèmes sécuritaires, les pays de la CEMAC s’orientent progressivement vers une diversification de leur économie ainsi qu’en faveur d’une croissance verte.

En 2015, la Banque des états de l’Afrique centrale (BDEAC) annonçait une croissance revue à la baisse de 4,2 % à 2,8 % dans la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEMAC). En cause : l’effondrement des cours pétroliers depuis l’été 2014, combiné à l’insécurité autour du lac Tchad et au conflit militaire en Centrafrique, selon la BDEAC. Au terme d’une année qui a vu s’aggraver tous ces problèmes, le taux de croissance des pays de la CEMAC est finalement resté bloqué à 1,7 % en 2015, d’après Mario de Zamarocy, chef de mission au Fonds monétaire international (FMI). Si ce résultat n’a pas vraiment constitué une surprise, la « forte dégradation » de l’économie de cinq des six nations membres de la CEMAC n’en demeure pas moins « préoccupante », d’après l’expert du FMI, qui a indiqué que les gouvernements concernés n’avaient plus d’épargne budgétaire significative.

Conséquence directe de la baisse des revenus pétroliers, le ralentissement de la croissance du Cameroun, de la République du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale et du Tchad a contraint la BDEAC à puiser dans ses réserves afin de soutenir les économies nationales. Pour faire face à la stagnation annoncée du prix du baril en 2016 et à des prévisions de croissance limitées à 2 % dans la sous-région, le FMI a également encouragé les États à augmenter leurs recettes non-pétrolières en diversifiant leur économie. N’ayant pas attendu la parole divine de l’organisme financier pour arriver à cette conclusion, certains pays ont déjà largement œuvré dans ce sens, comme le Tchad et le Gabon, où l’argent du pétrole sert de levier pour financer le développement des infrastructures et des secteurs non-pétroliers.

Gabon : les résultats encourageants de la diversification économique

Chantre d’une « croissance verte et inclusive », Maixent Accrombessi, directeur du cabinet du président de la République Ali Bongo Ondimba, est le principal artisan du Plan Stratégique Gabon Émergent (PSGE), qui a vu le jour en 2010 au Gabon. La diversification de l’économie en est l’objectif prioritaire à l’horizon 2025 afin que le pays d’1,9 million d’habitants ne dépende plus autant de ses revenus pétroliers. Pour ce faire, le développement des infrastructures de transport et d’énergie ainsi que des secteurs tels que l’industrie, l’agro-alimentaire et les services constituent la pierre angulaire de la politique menée par le gouvernement gabonais depuis six ans. Visant une croissance dans la durée à l’opposé de la « jobless growth » (« croissance sans emploi ») du pétrole, le PSGE a déjà porté ses fruits avec des investissements étrangers qui ont doublé depuis 2009 (5 milliards de dollars en 2013 et 2014 contre 2,5 milliards en 2009).

L’émergence économique gabonaise se traduit également par une transition énergétique favorisant la protection des ressources naturelles du pays et le développement des énergies renouvelables. « Grâce à la construction de plusieurs barrages hydroélectriques, le Gabon devrait atteindre une capacité énergétique de 1 000 MW d’ici la fin de l’année, soit le double d’il y a six ans, confie Maixent Accrombessi. « En 2025, 80 % de l’électricité produite sur le territoire gabonais proviendra d’énergies renouvelables, contre 40 % actuellement ». Un futur modèle énergétique qui a de quoi inspirer d’autres pays africains et occidentaux comme la France, où la part des énergies vertes reste encore marginale.

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