Le regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire se confirme à l’international

Le regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire se confirme à l’international

Si l’énergie nucléaire reste assez peu évoquée dans le débat sur le changement climatique et les solutions envisageables pour y remédier, elle semble pourtant convaincre de plus en plus de gouvernements. Les pays pro-nucléaires se multiplient et voient aujourd’hui dans le développement de l’atome le moyen de garantir leur approvisionnement énergétique à moindre coût tout en respectant leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

A la recherche d’une énergie stable et décarbonée

Maintenus en France, en Belgique, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, les programmes de développement nucléaire s’enchaînent à l’échelle internationale et dénotent d’une orientation nouvelle sur le plan énergétique. En effet, s’il n’est pas surprenant de voir les grandes puissances historiques du nucléaire compter sur cette énergie alors que les combustibles fossiles s’amenuisent et perdent en légitimité (face aux enjeux environnementaux du 21ème siècle), le choix de nombreux pays émergents ou en développement de se lancer sur un terrain qui leur est inconnu, interpelle.

La maîtrise de l’énergie nucléaire implique en effet une technologie poussée et nécessite pour les pays qui le souhaitent, la mise en place de coopérations internationales, de réglementations strictes et d’investissements de base conséquents. Un choix loin d’être facile donc mais qui promet surtout, et là est bien l’intérêt, une redoutable efficacité dans la stabilisation des réseaux électriques. Confrontés à des consommations d’énergie en hausse du fait d’une pression démographique constante et d’un équipement croissant des populations (en climatisation ou en appareils électriques et connectés par exemple), ces pays doivent trouver la solution qui leur permettra de satisfaire ces nouveaux besoins tout en assumant leur rôle dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Pour répondre à ces deux problématiques, les énergies renouvelables sont bien sûr à privilégier mais leur caractère intermittent pose toujours de grandes difficultés et empêche de les considérer comme une solution autonome. Ces nouveaux acteurs du nucléaire considèrent dans ce cadre l’atome comme plus sécurisé pour garantir à leur population un approvisionnement énergétique propre et de qualité à long terme, en attendant un développement plus poussé des technologies renouvelables.

L’énergie nucléaire aux quatre coins du monde

Le nucléaire connaît donc un regain d’intérêt depuis quelques années, et ce succès grandissant nous emmène aux quatre coins du monde. San évoquer ici les pays favorables à l’atome déjà connus comme l’Afrique du Sud, l’Argentine, l’Egypte, les Emirats Arabes Unis, l’Iran ou le Vietnam (pour n’en citer que quelques-uns), les nouveaux venus sont eux aussi nombreux et les exemples ne manquent pas.

La Bolivie tout d’abord, a confirmé au début du mois d’août son partenariat avec la Russie via la signature officielle de contrats relatifs à la construction d’un Centre de recherches nucléaires en Bolivie. Cette installation permettra selon le gouvernement d’Evo Morales de diversifier la production énergétique du pays, et de donner une impulsion à l’industrie technologique dans la filière nucléaire. Le Président bolivien a toujours clairement affiché ses ambitions en matière d’énergie nucléaire qui constitue pour lui le seul moyen de libérer son pays de la dépendance énergétique. Il avait déjà signé en 2010 un accord de collaboration technique et financière avec l’Iran, et confirmé en 2014 un engagement financier de plus de 2 milliards de dollars dans la filière suite à la découverte d’un gisement d’uranium dans la province de Santa Cruz.

En Asie, alors que le Japon vient de redémarrer son troisième réacteur nucléaire, les Philippines ont annoncé cette semaine leur volonté de relancer leur programme de développement nucléaire et de mettre en service la centrale de Bataan. Pour rappel, cette installation située à environ 100 km au nord-ouest de la capitale Manille, a été achevée en 1984 mais jamais mise en service en raison de divergences entre le gouvernement et la société américaine Westinghouse. Le Président Rodrigo Duterte et son gouvernement travailleraient selon les dires, à un nouveau plan de développement comprenant la relance de cette centrale et la construction de capacités de production supplémentaires.

Plus proche de nous enfin, et bien que le Royaume-Uni domine l’actualité, d’autres pays ont exprimé ces dernières semaines leurs ambitions en matière d’énergie nucléaire. On peut citer ici la Bulgarie qui souhaiterait elle aussi augmenter ses capacités de production électronucléaire (elle dispose actuellement de deux réacteurs en fonctionnement) ou la Jordanie, qui prévoit de construire une première centrale dans la région d’Amra afin de réduire sa dépendance énergétique. La Jordanie importe plus de 96% de l’énergie qu’elle consomme et est donc très dépendante des conflits dans la région. Si ce projet est en pourparlers depuis plusieurs années, le gouvernement serait aujourd’hui tout proche de boucler son financement et espère la mise en service d’un premier réacteur dès 2025.

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