Egalité hommes-femmes : l’Afrique fait mieux que les Etats-Unis ?

Egalité hommes-femmes : l’Afrique fait mieux que les Etats-Unis ?

Au 21e siècle, l’égalité hommes-femmes est malheureusement loin d’être une réalité. Certains pays dits « développés », comme les Etats-Unis et la Russie, viennent même de faire un pas en arrière en ce qui concerne la condition féminine. En revanche, plusieurs pays  en voie de développement, sous l’impulsion de personnalités comme Dominique Nouvian Ouattara, font d’importants progrès en matière d’égalité des sexes.

Les pays développés, loin de faire bonne figure…

À quelques jours d’intervalle, les États-Unis et la Russie ont chacun pris des mesures portant gravement atteintes aux droits des femmes. Ainsi, le 23 janvier 2017, c’est Donald Trump qui, à peine installé dans le bureau ovale, portait un premier coup à la condition féminine en signant un décret interdisant le financement d’ONG internationales soutenant l’avortement. Depuis plus de quarante ans, « les Etats-Unis permettent d’améliorer l’accès des femmes à la contraception dans les pays les plus pauvres, grâce à leur agence pour le développement internationale (USAID) ». La première puissance économique mondiale a d’ailleurs dépensé, en 2016, pas moins de 607 millions de dollars « pour les programmes de santé reproductive et la planification familiale ».

L’an dernier, ces aides ont permis à « 27 millions de femmes dans le monde d’accéder à des moyens contraceptifs, d’éviter le déclenchement de 2,3 millions d’avortements, prévenant ainsi 11 000 décès maternels ». Pour l’organisation Marie Stopes International, directement impactée par cette mesure, « ces pertes financières devraient engendrer, sur les quatre prochaines années du mandat présidentiel américain, 6,5 millions de grossesses non désirées, 2,1 millions d’avortements à risques et la mort inutile de 21 700 mères. »

Deux jours après Trump, c’est la Russie qui a décidé de mettre en péril la condition féminine dans le pays, en votant un projet de loi dépénalisant les violences perpétrées dans le cercle familial. Là aussi, les principales victimes de cette décision sont les femmes, puisqu’elles seraient plus de 10 000, chaque année, à mourir sous les coups de leur conjoint. D’après les statistiques officielles, rappelées par Svetlana Avazova, membre du Conseil des droits de l’homme au Kremlin, en Russie, 40 % des crimes graves, dont sont victimes en priorité les femmes et les enfants, sont commis au sein même du foyer. « Le pouvoir veut faire trois pas en arrière en dépénalisant complètement la violence et en retirant aux victimes leur seul mécanisme de protection » déclarait alors, le 4 février, un collectif de femmes appelant à la manifestation dans un quartier de Moscou.

Les discriminations envers les femmes, une triste réalité

Les exemples russe et américain s’inscrivent dans une tendance globale de régression du droit des femmes dans le monde. En 2015, un rapport de l’Institut national d’études démographiques (INED) soulignait que les inégalités hommes-femmes perduraient, et qu’elles allaient même jusqu’à se creuser en dépit des conventions internationales chargées de lutter en faveur de l’égalité des sexes.

Selon Isabelle Attané, chercheuse à l’INED, « il y a des avancées dans un très grand nombre de domaines comme la santé, l’instruction… Mais on voit aussi des situations se dégrader ». Les disparités seraient surtout d’ordre social et économique, à cause notamment « des difficultés rencontrées parfois pour concilier la vie professionnelle et la vie familiale, les activités domestiques mobilisant davantage les femmes que les hommes, y compris celles qui travaillent », explique la démographe Emmanuelle Cambois.

Les femmes sont sujettes à une plus grande précarité dans le travail, étant ainsi plus à risque de perdre leur emploi que leurs homologues masculins. Plus touchées par la pauvreté, 14,5 % contre 10,9 % aux Etats-Unis et 8,4% contre 7,7% en France, elles sont également moins bien rémunérées que les hommes : 15,1 % de moins en moyenne en France et aux Pays-Bas et 18,6 % de moins en moyenne au Royaume-Uni et en Allemagne.

En matière d’économie, « le fossé entre les sexes, désormais de 59 %, est plus élevé qu’il n’a jamais été depuis 2008, explique un rapport publié par le Forum économique mondial (WEF) sur l’égalité hommes-femmes dans le monde en 2015. Les progrès se sont inversés après avoir atteint leur pic en 2013 ». « L’égalité des sexes proclamée dans de nombreux textes n’est pas un bien acquis, reprend Isabelle Attané. Il faut alerter sur les blocages. Dans la sphère privée par exemple, les représentations restent compliquées. »

L’Afrique se démarque

L’égalité hommes-femmes diffère selon les pays et contrairement à ce que l’on pourrait croire, les pays « développés » ne sont pas toujours les plus exemplaires sur le sujet. Ainsi, dans le classement 2016 sur la parité hommes-femmes dans le monde, élaborée par le WEF, la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis occupent respectivement la 17e, 20e et 45e place, l’Italie vient quant à elle fermer le top 50 de ce classement. Top 50 dans lequel l’Afrique subsaharienne est pour sa part bien représentée, avec huit pays qui devancent tous les Etats-Unis. Par ailleurs, le Rwanda se hisse à la cinquième position, juste derrière la Suède. De manière générale, le continent africain est en progrès en matière de droit des femmes, il est même devenu un exemple en ce qui concerne la représentation des femmes dans la sphère politique. Depuis plusieurs années, différentes personnalités se mobilisent en Afrique pour améliorer la condition des femmes sur le continent. C’est notamment le cas de Dominique Nouvian Ouattara qui, en 2012, a lancé le fonds d’appui aux femmes de Côte d’Ivoire (Fafci), dont la dotation devrait d’ailleurs être augmentée cette année.

Sous l’impulsion de Dominique Nouvian Ouattara, le Fafci a déjà permis d’accorder plus de 10 milliards de francs CFA (15,2 millions d’euros) de prêts à 110 000 femmes ivoiriennes pour financer leur activité professionnelle. D’autres pays ont récemment manifesté leur intérêt pour ce projet, comme le Tchad, le Niger et la République du Congo. À la tête de la fondation Children of Africa qu’elle a créée en 1998, Dominique Nouvian œuvre aussi pour la protection des femmes à travers la construction d’établissements hospitaliers mères-enfants et de programmes de lutte contre la transmission du VIH de la mère à l’enfant. Autant d’initiatives qui s’avèrent nécessaires si l’on souhaite atteindre un jour une véritable égalité hommes-femmes au niveau mondial. Situation dont la date est pour le moment estimée à 2186 par le WEF…

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