Côte d’Ivoire: une développement économique qui attise les convoitises chinoises

Côte d’Ivoire: une développement économique qui attise les convoitises chinoises

En 2017, les échanges commerciaux sino-ivoiriens ont atteint 935 milliards de francs CFA, soit plus de 1,4 milliard d’euros. Depuis quelques années, ces échanges se sont diversifiés et ont connu une hausse exceptionnelle, plaçant la Chine au rang de premier fournisseur et de troisième partenaire commercial de la Côte d’Ivoire. Une relation gagnant-gagnant entre deux locomotives de la croissance mondiale.

Une relation ancienne et féconde

Lors d’un entretien accordé le 13 août dernier à la presse chinoise, le président ivoirien Alassane Ouattara a rappelé que son prédécesseur Félix Houphouët-Boigny fut un des premiers chefs d’État à avoir tissé des liens avec la Chine, il y a 35 ans.
Le président Ouattara a qualifié les relations sino-ivoiriennes « d’excellentes » en soulignant que celles-ci « se sont intensifiées depuis 2011 et mon élection à la présidence de la République (…) Nous sommes très contents et très fiers de cette relation exceptionnelle avec la République populaire de Chine ».
La coopération entre la Côte d’Ivoire et la Chine est en effet très fructueuse : comme l’a rappelé Alassane Ouattara « nous avons eu des projets d’infrastructures, d’adduction d’eau potable, d’électricité » avec par exemple le barrage de Soubré, d’un coût de 331 milliards de francs CFA (504 millions d’euros) financés à hauteur de 85 % par par la Chine et mis en service fin juin.

En 2015, Alassane Ouattara a rencontré son homologue chinois Xi-Jinping à Johannesburg lors du Forum sur la coopération sino-africaine. Ce fut l’occasion pour lui de convaincre Tonton Xi (comme il est surnommé en Chine) de « faire un effort spécial » concernant la Côte d’Ivoire, car elle est « une des plus importantes économies en Afrique, au centre de l’Afrique de l’Ouest, et les investissements qui y seraient faits profiteront à des centaines de milliers de personnes, en Côte d’Ivoire et dans les pays voisins ». Dans cette logique, le président Ouattara a également affirmé son souhait d’encourager les pays d’Afrique de l’Ouest qui n’ont pas encore lié de relations diplomatiques avec Chine à le faire, dans l’intérêt de la sous-région.

Un partenariat gagnant-gagnant

Avec une croissance de 7,8 % en 2017, la Côte d’Ivoire se classe dans le top 5 mondial des pays à plus forte croissance et jouit donc d’une influence économique considérable dans une région où la croissance n’a pas dépassé 2,5 % l’an dernier.
Attirée de surcroît par les choix économiques réalisés par Alassane Ouattara dès son premier mandat (investissements dans les infrastructures, adoption de mesures destinées à améliorer le climat des affaires et à attirer les investisseurs étrangers) et confirmés en 2016 par le Plan national de Développement, la Chine a parfaitement pris conscience du potentiel de la Côte d’Ivoire.
Le pays de 24 millions d’habitants est en effet devenu une destination prioritaire de ses investissements à l’étranger, comme en témoigne l’annonce faite il y a 3 mois par le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Hi : le géant asiatique investira plus de 2000 milliards de francs CFA (3 milliards d’euros) dans dix projets ivoiriens, dont la a construction d’une cité universitaire et la rénovation du port d’Abidjan pilotée par China Communications Construction Company et financée par la banque chinoise Eximbank à hauteur de 400 milliards de francs CFA (610 millions d’euros).

Des projets d’envergure qui complètent une liste déjà longue : on peut citer la réalisation d’un stade de 60 000 places à Anyama-Ebimpé en vue de la Coupe d’Afrique des Nations 2021 ayant bénéficié d’un don de 67 milliards de francs CFA (plus de 100 millions d’euros) de la part de l’État chinois ; le projet de développement et de réhabilitation du réseau électrique de Côte d’Ivoire financé à hauteur de 95 % par la Chine et dont les travaux seront réalisés par la société chinoise Sinomach ; ou encore la rénovation et le développement du réseau routier ivoirien, tel que le bitumage de la voie Odienné-Gbélébana ou encore la construction de l’autoroute reliant Abidjan à Grand-Bassam.

Symbole de l’importance des échanges entre les deux pays, l’Empire du Milieu vient d’ouvrir sa première chambre de commerce des entreprises chinoises en Côte d’Ivoire. Celle-ci compte environ 40 entreprises et aura aussi pour mission de veiller à ce que la relation entre la Chine et la Côte d’Ivoire profite aux deux pays en traduisant les réglementations nationales et en aidant les entrepreneurs chinois à comprendre et à intégrer la législation ivoirienne.
Cette chambre de commerce pourrait également favoriser la diversification de l’économie ivoirienne — toujours trop dépendante des fluctuations du cours des matières premières — en promouvant l’implication d’entreprises chinoises dans le secteur industriel.

Ainsi, si les relations entre la Côte d’Ivoire et la Chine datent de l’époque du miracle ivoirien des années 1960 et 1970, tout porte à croire la Côte d’Ivoire s’est installée dans une nouvelle phase de prospérité durable. Un chapitre prometteur que la puissance régionale et la superpuissance sont en train d’écrire à deux mains.

 

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