Maroc : face au ralentissement économique, place aux exportations

Maroc : face au ralentissement économique, place aux exportations

Au Maroc, l’industrie et l’agriculture occupent une place centrale dans le nouveau modèle de croissance du royaume. Priorité à l’industrie donc, et à l’exportation de produits du terroir marocain, dont la culture reste une pépinière d’emploi et un début de réponse au chômage des jeunes.

Alors que le ralentissement de la croissance marocaine pourrait se confirmer en 2019 (+ 2 %, contre + 2,9 % en 2018, selon les estimations de l’assureur-crédit Euler Hermes), le président du Centre marocain de conjoncture, Habib El Malki, est persuadé que « le choix d’un modèle de développement orienté vers l’export s’impose comme alternative la plus adaptée au nouveau contexte d’ouverture et de globalisation de l’économie ».

Afin de « rattraper le retard et faire de l’économie marocaine une économie fortement exportatrice », l’industrie est appelée à jouer un rôle majeur, comme le montrent les premiers résultats du Plan d’accélération industrielle (PAI) 2014-2020.

Lancé par le ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy, ce plan a permis de créer 405 496 nouveaux emplois entre 2014 et 2018, soit 81 % de l’objectif fixé par la stratégie industrielle, selon les chiffres du ministère. Les exportations sont quant à elles passées de 161 milliards de dirhams (environ 15 milliards d’euros) en 2013 à 240 milliards de dirhams (environ 22 milliards d’euros) en 2018, soit une progression de 50 % en cinq ans.

Cette tendance devrait se confirmer à l’avenir. Selon les informations de L’Economiste.com, le taux de progression de l’export devrait atteindre 8,7 % dans une décennie, soit un gain de 1,2 point par rapport à la période 2007-2017. Le chiffre d’affaires devrait quant à lui passer de 248 milliards de dirhams (23 milliards d’euros) à 420 milliards (39 milliards d’euros) en 2027, soit une progression de 69 %.

Agriculture : pilier majeur de l’économie

Si la part des industries de l’automobile et des produits connexes dans le chiffre d’affaires à l’export devrait passer de 12,7 % actuellement à 16 % en 2027, la performance des industries alimentaires (18 % en 2027 contre 13 % actuellement) et des produits agricoles (13 % de l’export global à l’horizon 2027, contre 8 % actuellement) n’est pas à négliger.

L’agriculture devrait ainsi rester l’un des piliers majeurs de l’économie marocaine, d’autant qu’elle permet de lutter contre le chômage des jeunes, notamment en milieu rural. D’après les chiffres du ministère de l’Agriculture, le plan Maroc vert a permis de créer entre 250 000 et 300 000 emplois depuis son lancement en 2008, rapporte le site LesEco.ma. Avec une moyenne annuelle d’environ 4,8 millions d’emplois, le secteur agricole demeure l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois au Maroc, ajoute le site.

Le ministère souligne pour sa part que l’agriculture représente 38,8 % de l’emploi global et 73,7 % de l’emploi rural au Maroc. Entre 2008 et 2018, le poids du PIBA dans le PIB a varié entre 12 % et 14 %, avec une moyenne de 12,8 %. La contribution du secteur agricole à la croissance économique a ainsi progressé « d’une manière notable », passant de 7,3 % à 17,3 %, ajoute le ministère.

Or, l’exportation de produits agricoles marocains dispose d’une forte marge de progression, à en croire Hassan Sentissi El Idrissi, président de l’Association marocaine des exportateurs (Asmex).

« Rayonner » 

« Nous restons en-deçà de notre potentiel et de nos ambitions », regrette le président du premier groupe d’exportateurs au Maroc tout en gardant une note d’optimisme : « A côté des produits frais et des produits de la pêche que nous exportons habituellement, il y a les produits du terroir et les produits halal et bio, avec lesquels nous pourrions conquérir des marchés dans les pays arabes, le sud-est de l’Asie ou encore l’Amérique du Nord », ajoute-t-il.

Hassan Sentissi, qui plaide pour une intégration de la fiscalité de l’État, de la fiscalité locale et de la parafiscalité afin d’améliorer la compétitivité des produits marocains sur le plan du coût, insiste sur la qualité de ces derniers, reconnue aussi bien dans l’Union européenne qu’aux États-Unis.

La qualité de la production et les volumes des exportations marocaines justifient par ailleurs l’adoption de technologies de traçabilité de pointe, comme l’a confirmé récemment Eric Besson, président de Sicpa Maroc, lors du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM). Le groupe, leader mondial en matière de solutions et services d’authentification, d’identification et de traçabilité sécurisés, assure le marquage fiscal des produits soumis à la TIC. Pour Eric Besson, le Maroc est « riche de nombreux talents connaissant bien le contexte régional », ce qui a poussé Sicpa à implanter un hub à Casablanca, qui devrait permettre au groupe de « rayonner dans le domaine de la traçabilité sécurisée ».

Cela tombe bien. « Rayonner » est l’objectif que s’est fixé le Maroc en matière d’agriculture.

Laisser un commentaire

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.