Côte d’Ivoire : « Un enfant, sa place, c’est à l’école »

Côte d’Ivoire : « Un enfant, sa place, c’est à l’école »

La scolarisation des enfants est un enjeu de taille pour la Côte d’Ivoire. Avec une économie parmi les plus dynamiques de la planète et un des meilleurs taux de croissance d’Afrique, l’éducation doit suivre pour permettre au pays de préparer l’avenir. De nombreux dispositifs sont mis en place afin de scolariser ela jeunesse. 

Hérité du modèle français, le système éducatif ivoirien a les mêmes principes essentiels : l’école est gratuite et obligatoire. Mais dans les faits, ces principes se sont heurtés au principal ennemi de la scolarisation : le travail des enfants. La lutte contre celui-ci est un des combats du gouvernement ivoirien. Pendant des années, le secteur privé primait souvent sur le public, le gouvernement ivoirien allouant des subventions aux établissements privés pour chaque enfant scolarisé. Ces subventions allouées dans le cadre de la lutte contre la pauvreté ont permis de prendre en charge de nombreux élèves, mais ont parfois creusé le fossé entre privé et public. Le gouvernement a entrepris de changer ce rapport. 

En 2015, le président Alassane Ouattara a mis en place la PSO (politique de scolarisation obligatoire), pour un coût avoisinant le milliard d’euros (destiné notamment à payer les salaires des professeurs). Ses grands objectifs : rendre la scolarisation obligatoire, avec une formation de qualité pour tous les jeunes (et notamment les jeunes filles, souvent écartées du système scolaire) ivoiriens de 6 à 16 ans. Un des grands axes de la PSO est aussi de réintégrer les enfants qui ont abandonné l’école.  

Un défi de taille pour la Côte d’Ivoire

La mise en place de ces dispositifs est handicapée par le nombre limité de classes pouvant accueillir des élèves, aboutissant inévitablement à une surpopulation des classes déjà existantes. Mais les responsables politiques montent au front pour avancer sur le sujet. Bruno Koné, ministre de la Construction, a déclaré lors de l’inauguration d’un collège dans le département de Boundiali début septembre : « Un enfant, sa place, c’est à l’école », tout en invitant les parents d’élèves à scolariser leurs enfants. Le ministère a fait de la construction de nouveaux établissements son cheval de bataille. Il faut dire que le chantier est de taille : le pays accuse un manque de 15 000 salles de classe et d’ici six ans, il faudrait construire le double pour que tous les enfants aillent à l’école. La forte croissance démographique invite à des actions rapides et efficaces.

Des solutions surprenantes voient le jour pour pallier ce manque. L’Unicef d’Abidjan s’est associé à l’entreprise Conceptos Plasticos pour construire des salles de classe avec des briques de plastique recyclé. Une technologie peu coûteuse importée de Colombie, résistante aux aléas climatiques, et qui s’inscrit dans une logique d’économie circulaire.  Près de 500 classes seront construites d’ici à la fin 2020, permettant d’accueillir 25 000 élèves. 

Children of Africa, la fondation de la Première Dame Dominique Nouvian Ouattara, en première ligne

Dominique Nouvian Ouattara, Première Dame de Côte d’Ivoire, multiplie les initiatives. Par sa fondation créée en 1998, Children of Africa, tout d’abord. La fondation construit, réhabilite, et équipe les infrastructures scolaires. Elle a aussi mis en place des programmes pour favoriser l’alphabétisation des enfants, notamment les bibliobus, qui sillonnent le pays pour donner aux enfants le goût et l’envie de lire. Il y a fort à faire car le taux d’alphabétisation est de 56,9% pour les adultes ivoiriens, contre 67,5% pour les jeunes, des chiffres relativement bas pour un pays aussi dynamique. La fondation s’investit au service de la Côte d’Ivoire de demain, en créant notamment des centres multimédias, pour permettre aux enfants de s’initier à l’informatique.

La lutte contre le travail des enfants au centre des actions

Nommée à la tête du Comité National de surveillance des actions de Lutte contre la Traite, l’Exploitation et le Travail des Enfants (CNS), Dominique Nouvian Ouattara a entrepris, toujours via sa Fondation, de construire trois centres d’accueil pour les enfants victimes d’exploitation. Elle a aussi noué des partenariats essentiels avec les industriels du cacao. Avec 35% de la production mondiale, la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao. Les zones d’exploitation cacaoyère étaient souvent isolées, et les enfants déscolarisés de ce fait. Les partenariats ont permis la construction de nombreux établissements scolaires dans ces zones. Une vigilance accrue concernant le travail des enfants sur ces exploitations a aussi été mise place. « Nos enfants sont les citoyens et les cadres de demain. » a rappelé la Première Dame.  Le défi est de taille pour ce pays aux possibilités immenses.  

 

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