Au Sénégal, le président Macky Sall affiche une présence sur tous les fronts

Au Sénégal, le président Macky Sall affiche une présence sur tous les fronts

Ceux qui rêvaient d’un second mandat dans la continuité du premier en ont été pour leurs frais, analyse l’éditorialiste Marwane Ben Yahmed. Macky Sall, le président du Sénégal, affiche un volontarisme sans faille, assumant ses réussites et ses échecs, et sort de sa stature de président normal, pour endosser les habits d’un hyper-président qui assume tout.

Cela a commencé dès sa réélection, en avril dernier. Tout juste investi pour un second mandat à la tête du Sénégal, Macky Sall a lancé une « opération chamboule-tout » qui a « pris tout le monde à contre-pied », rappelle Marwane Ben Yahmed, directeur de publication de Jeune Afrique.

Le chef de l’Etat a en effet choisi un gouvernement resserré (35 membres, contre 39 auparavant) et a remercié une vingtaine de collaborateurs de son ancienne équipe. Le président fraîchement réélu a également supprimé le poste de premier ministre, une décision qui a fait « l’effet d’une bombe » dans le pays.

La raison de ces changements inattendus ? Pour l’éditorialiste de Jeune Afrique, le président sénégalais voulait sanctionner les collaborateurs « inefficaces » et ceux dont les frasques avaient terni l’image du gouvernement. Il souhaitait également éviter aux membres de son équipe de « s’encroûter » et « obliger ses troupes à consacrer leur énergie à la mise en œuvre des réformes qu’il souhaitait mener à bien avant 2024 ».

Mais celui qui s’était engagé « sans réserve à intensifier les acquis pour amener le Sénégal encore plus loin, encore plus haut, dans le concert des nations prospères, libres et démocratiques » souhaitait surtout montrer qu’il demeure « maître du jeu et des horloges », fidèle à son engagement et animé d’une volonté inébranlable.

Fidèle à ses convictions et ses principes

Le message adressé à ses admirateurs comme à ses détracteurs politiques était également clair : inutile de se livrer trop tôt à des spéculations sur sa succession. Par ces mesures surprenantes, Macy Sall souhaite « éviter les polémiques ou autres petits calculs politiciens » et « fait le choix d’assumer seul les conséquences de ses succès comme de ses échecs. Le pari est risqué, mais au moins les choses sont-elles claires. Appréciable nouveauté au pays de la Teranga », analyse Marwane Ben Yahmed.

Ce n’est pourtant pas la seule nouveauté que le président réservait à son peuple. Macky Sall n’aime rien tant que l’innovation, que ce soit en matière politique ou économique. Il l’a une nouvelle fois démontré en procédant à d’importantes réformes dans la gestion du budget pour l’année prochaine.

Adopté mercredi 9 octobre en Conseil de ministres, le projet de loi de finances pour l’année 2020 est « le marqueur d’une révolution ». Il vise en effet à améliorer la lisibilité de l’action gouvernementale et à s’assurer que chaque programme est assorti d’objectifs précis correspondant à l’intérêt général.

Comme il l’avait déjà fait en mettant en place le Programme national des bourses de sécurité familiale ou encore en promouvant la reprise en main de la protection sociale par l’Etat, Macky Sall montre une nouvelle fois qu’il reste fidèle à ses convictions et à ses principes, comme le souligne Pape A. Khouma, responsable politique.

Consolider la prospérité et la démocratie

Pour Macky Sall, en effet, « une société sans éthique serait comparable à un organisme qui a perdu ses sources d’immunité : elle serait fébrile et condamnée à une mort programmée ». Or, cette éthique n’est autre chose que l’esprit de justice, soit l’équité dans l’accès aux ressources pour tous les citoyens, précise Pape A. Khouma.

Ces convictions expliquent également la décision de gracier l’ex-maire de Dakar, Khalifa Sall, qui était à Rebeuss en prison depuis 2017. Alors que la grâce n’avait pas été demandée par les avocats de l’ancien maire, Macky Sall a décidé de tendre la main à son opposant afin de confirmer sa volonté d’apaisement.

Pour le chef de l’Etat, un Sénégal prospère n’est possible que si l’unité, la paix et la solidarité règnent dans le pays. Il a ainsi insisté, à l’occasion du Nouvel an musulman, sur l’importance du « vivre ensemble » afin d’asseoir une stabilité durable au Sénégal, indispensable au développement économique et social inclusif.

Comme le rappelle Marwane Ben Yahmed, cela fait « longtemps » que Macky Sall songe à la « pacification générale, sur fond de dialogue national, de la scène politique sénégalaise ».

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