Une panne Internet géante en Iran décidée par le gouvernement

Une panne Internet géante en Iran décidée par le gouvernement

Un pays de 80 millions d’habitants et pratiquement aucun moyen de se connecter à Internet. La fermeture d’Internet par l’Iran dure, suscitant l’inquiétude de la communauté internationale.

À la suite de protestations contre la forte augmentation des prix du carburant dans le pays, les connexions Internet ont commencé à s’obscurcir à partir de samedi 16 novembre dans la soirée.

Sur les réseaux sociaux, des Iraniens vivant ou voyageant à l’étranger ont raconté qu’ils avaient été coupés de leur famille et de leurs amis chez eux.

Beaucoup attendent encore des nouvelles de leurs proches.

Alp Toker, de NetBlocks, organisme à but non-lucratif de surveillance d’Internet affirme avoir “détecté des fluctuations dans la connectivité régionale”.

“Cela a eu pour effet d’avoir un impact national plus tard dans la soirée.”

Depuis lors, le trafic Internet dans le pays a chuté de 5% par rapport à la normale, selon NetBlocks.

NetBlocks surveille la connectivité dans les pays du monde entier en recherchant sur Internet des dispositifs de communication (routeurs, serveurs, tours de téléphonie mobile) et en conservant une base de données de ceux connus pour être en ligne sur chaque territoire.

En envoyant périodiquement de brefs messages sur Internet à ces périphériques, une pratique appelée le “ping”, NetBlocks et des organisations similaires peuvent voir quand ces appareils sont déconnectés.

M. Toker se dit surpris par l’ampleur de la panne d’électricité en Iran : “C’est à une échelle différente de celle que nous avons pu voir dans le monde”.

Il fait remarquer que le système Internet dans le pays n’est pas un réseau unique qui est facile à activer ou à désactiver.

Un peu comme au Royaume-Uni, il est constitué d’une série de réseaux privés qui se lient les uns aux autres. Désorganiser un tel système n’est pas simple.

Toutefois, les connexions avec le monde extérieur en Iran ne sont canalisées que par deux entités : la société de télécommunication d’Etat et l’Institut de physique et de mathématiques, ce qui signifie que les autorités sont plus facilement en mesure de bloquer les communications entrantes et sortantes du pays.

“Si vous concevez l’accès Internet de votre pays afin de contrôler les passerelles, c’est-à-dire de créer des points d’étranglement, vous pouvez censurer à volonté”, déclare le professeur Alan Woodward, expert en cyber-sécurité à l’Université de Surrey.

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