La technologie démocratise le mécénat culturel

La technologie démocratise le mécénat culturel

Telles sont les conclusions de la dernière édition du rapport sur le marché de l’art du TEFAF, rédigé par Anders Petterson.

La technologie change le paysage du mécénat d’art, selon un nouveau rapport du TEFAF intitulé «Le mécénat d’art au 21e siècle». Aujourd’hui, pour la modique somme de 5 dollars, des personnes peuvent soutenir toutes sortes de projets artistiques, d’organisations et d’artistes grâce à la «croissance rapide des plate-formes de financement participatif en ligne, telles que Kickstarter, Indiegogo et Patreon», écrit l’auteur du rapport, Anders Petterson, fondateur et gérant directeur d’ArtTactic.

« Alors que le mécénat artistique est traditionnellement associé à des individus riches et à leur soutien aux artistes et aux institutions artistiques, celui-ci progresse rapidement en aval », ajoute-t-il.

L’impact des nouvelles technologies n’est qu’un aspect de l’étude, qui a sondé 541 participants, sur une série de tendances dans le mécénat d’art, y compris l’augmentation du financement privé et la baisse du financement public, ainsi que l’arrivée croissante des ”donateurs éthique”.

L’auteur du rapport a également étudié les différences générationnelles en termes d’approche de la philanthropie. Parmi ses principales conclusions, 78% des personnes interrogées ont déclaré qu’elles soutenaient régulièrement des organisations et initiatives artistiques caritatives et non commerciales. Il y a peu de différence entre les groupes d’âge de moins de 55 ans, où 77% des milléniaux ( les personnes âgées de 23 à 39 ans) et 78% de la génération X (entre 40 et 54 ans) ont déclaré soutenir la création artistique, tandis qu’un pourcentage plus élevé de baby-boomers, 85%, ont déclaré qu’ils soutenaient régulièrement ce domaine, ce qui est probablement le résultat de plus de temps et de moyens financiers investis dans les sujets qui les passionnent.

L’auteur du rapport a présenté ses conclusions cette semaine au Centre des expositions et des congrès de Maastricht, suivi d’une discussion animée sur le thème «Les nouveaux modèles et les innovations qui façonnent le mécénat d’art au 21e siècle».

Le modérateur Thomas Marks, rédacteur en chef du magazine Apollo, a également présenté une série de situations de financement «hypothétiques», qui étaient toutes des scénarios reconnaissables provenant de véritables controverses de l’année dernière, comme les retombées sur le financement des musées de la famille Sackler après le rôle que leur entreprise a joué dans la crise des opioïdes, et les protestations du Whitney Museum qui ont conduit à la démission du membre du conseil d’administration Warren Kanders, PDG d’une entreprise qui fabrique du gaz lacrymogène.

Bien que les participants soient tous d’accord avec le rejet du financement de ces sources, les questions ont suscité une discussion sur la nécessité de faire preuve de diligence raisonnable lors de l’acceptation de fonds et sur les obligations spécifiques des collecteurs de fonds institutionnels.

Le rapport indique qu’aujourd’hui, 65% des moins de 35 ans déclarent qu’ils «pensent que les organisations artistiques ont le devoir de filtrer les dons en argent pour s’assurer que la source du don est éthique.»

«À une époque où la durabilité, la transparence, l’impact social et la responsabilité sont primordiaux, il est important de se poser des questions sur comment et pourquoi nous collectons des fonds pour les arts et le bien public que cela peut apporter», écrit ainsi Patrick van Maris, PDG du TEFAF, dans l’avant-propos du rapport.

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