Taïwan réaffirme sa volonté de “coexister” avec la Chine

Taïwan réaffirme sa volonté de “coexister” avec la Chine

Taïwan n’acceptera jamais une domination chinoise et la Chine doit s’y résoudre afin de diminuer les tensions. Cela a été exprimé en toute clarté par la présidente de l’île indépendantiste, Tsai Ing-wen, qui a prononcé mercredi 20 mai son discours d’investiture.

La présidente taïwanaise débute son deuxième mandat avec une confiance confortée par les urnes en début d’année, puisqu’elle a été réélue avec plus de 57 % des suffrages, contre 38,6 % pour son principal opposant. Son parti a également conservé sa majorité au Parlement. Depuis sa première élection en 2016, Tsai Ing-wen lutte pour une indépendance officielle de Taïwan, entraînant une hostilité croissante de la Chine qui durcit son discours et affirme la possibilité d’un recours à la force.

« Nous n’accepterons pas l’utilisation par les autorités chinoises du « Un pays, deux systèmes » pour déclasser Taïwan et miner le statut-quo entre les deux rives du détroit », a déclaré Tsai Ing-wen lors de son discours. Elle considère l’île comme un État souverain et elle s’oppose avec fermeté au concept très contesté de « Chine unique ». Cependant la présidente de l’île ne souhaite pas accroître les tensions, et elle a de nouveau affirmé sa volonté de dialogue : « Les deux côtés ont le devoir de trouver un moyen de coexister sur le long terme et d’empêcher que l’antagonisme et les divergences ne s’aggravent. »

La réaction des autorités chinoises, relayée par l’agence officielle Chine nouvelle (Xinhua), n’a pas été conciliante. Le porte-parole du Bureau des affaires taïwanaises chinois, Ma Xiaoguang, a déclaré : « Nous avons une détermination sans faille, une confiance totale et toutes les capacités de défendre la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale. (…) Nous ne tolérerons jamais aucune action sécessionniste ». La Chine refuse toute offre de négociation et a intensifié depuis 2016 les pressions économiques, militaires et diplomatiques contre l’île considérée comme « rebelle ».

L’article « Taïwan-Chine, une relation géopolitique complexe », publié dans le magazine Carto numéro 52 (mars-avril 2019), rappelait que « la nouvelle rhétorique martiale du président chinois Xi Jinping vis-à-vis de Taïwan est le reflet d’une Chine en situation de force sur l’échiquier géopolitique. Taïpei voit sa représentation internationale se réduire à mesure que Pékin multiplie ses efforts pour l’isoler ».

G.M.

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