Haut-Karabakh : le Kazakhstan appelle à une reprise des négociations

Haut-Karabakh : le Kazakhstan appelle à une reprise des négociations

Les affrontement dans le Haut-Karabakh s’intensifient et l’Arménie comme l’Azerbaïdjan dénoncent une « violation grossière » de la trêve par la partie adverse. Alors que les pays médiateurs s’inquiètent, le Kazakhstan se dit prêt à aider à la recherche d’une issue pacifique.

Nouvelle déception dans le Haut-Karabakh. Lundi 26 octobre, l’Azerbaïdjan et l’Arménie se sont accusées mutuellement d’avoir violé un nouveau cessez-le-feu destiné à mettre fin aux hostilités pour le contrôle de l’enclave du Nagorny-Karabakh. Dix minutes avant l’entrée en vigueur officielle de la trêve négociée à Washington la veille, une explosion a retenti près de Stepanakert, la principale ville de la région.

Les deux pays se rejettent la faute

Le ministère azerbaïdjanais des Affaires étrangères a accusé les forces arméniennes d’avoir bombardé la ville de Terter et des villages avoisinants, ainsi que des positions de l’armée de Bakou. Le ministère arménien de la Défense a de son côté dénoncé des tirs d’artillerie ennemie sur ses positions en diverses parties du front.

Samedi 24 octobre, Vladimir Poutine, dont le pays fait traditionnellement office d’arbitre dans la région, avait estimé à 5 000 le nombre de victimes de ce conflit ravivé du Haut-Karabakh. C’est dans ce contexte que l’Arménie et l’Azerbaïdjan avaient annoncé, dans une déclaration conjointe avec les Etats-Unis, le « cessez-le-feu humanitaire ».

Le Groupe de Minsk joue les arbitres

Or, l’échec de cette nouvelle trêve est un motif de préoccupation pour les médiateurs du Groupe de Minsk, coprésidé par les Etats-Unis, la France et la Russie depuis la guerre de 1992-1994, qui avait fait 30 000 morts. Les médiateurs ont décidé de se retrouver jeudi 29 octobre à Genève pour discuter des « mesures nécessaires pour parvenir à une solution pacifique ».

Alors qu’une solution négociée semble lointaine, le Kazakhstan a exprimé sa « profonde inquiétude face à l’escalade du conflit arménien-azerbaïdjanais ». Dans un communiqué, le ministre kazakh des Affaires étrangères a appelé l’Azerbaïdjan et l’Arménie, « pays amis, à prendre toutes les mesures nécessaires pour stabiliser la situation, à renoncer à l’usage de la force et à entamer des négociations ».

Le Kazakhstan prône le multilatéralisme

Le ministre kazakh des Affaires étrangères est allé encore plus loin. « Nous sommes prêts à aider à la recherche de moyens pacifiques pour régler le conflit sur les bases des organisations internationales. En tant que président actuel de la Conférence pour l’interaction et les mesures de confiance en Asie (CICA), nous suggérons d’utiliser le dispositif existant de la Conférence ».

Conçue pour renforcer la paix et la coopération entre les États asiatiques, la CICA a été mise sur pied par le président kazakh Noursoultan Nazarbaïev en 1993. Elle témoigne du rôle grandissant de médiateur que le Kazakhstan joue dans la région depuis une trentaine d’années.

C’est en effet au Kazakhstan que s’est tenue la réunion des délégations russe, iranienne et turque à Nur-Sultan (anciennement Astana), les jeudi 1er et vendredi 2 août 2019 pour la 13e édition de pourparlers de paix prônant un règlement du conflit syrien.

Enlisement du processus de Genève

« Entamé en 2017, ce processus – dit « d’Astana » – a clairement éclipsé et remplacé le processus de Genève, complètement enlisé et dont il ne faut plus rien attendre », avait estimé Fabrice Balanche, maître de conférences à l’Université Lyon2. A l’époque, toutes les négociations placées sous l’égide de l’ONU s’étaient en effet révélées incapables de trouver une solution à la guerre qui avait fait plus de 37 000 morts depuis 2011.

Des délégations du régime de Bachar Al Assad et des groupes armés d’opposition, ainsi que des Nations unies et de Jordanie, se sont également rendues à la capitale kazakhe. Le Liban et l’Irak, qui avaient obtenu le statut d’observateur lors de la 12e édition du processus d’Astana, en avril 2019, ont également participé aux pourparlers du mois d’août.

De nombreux liens commerciaux avec ses voisins

Devenu un fervent défenseur du multilatéralisme – un peu à la manière de la France qui entend parler avec tout le monde – le Kazakhstan peut compter à la fois sur des relations de confiance qu’elle entretient avec la Russie et la Turquie, deux poids lourds de la région, et sur des liens commerciaux étroits qui l’unissent à l’Arménie dans le cadre de l’Union économique eurasienne, et à l’Azerbaïdjan.

Le Kazakhstan et l’Azerbaïdjan ont signé, lundi 12 octobre, des mémorandums visant à développer la coopération dans le domaine du tourisme médical, des soins thermaux, de l’échange d’expériences dans le domaine des nouvelles technologies médicales et biologiques et de la recherche biomédicale.

De plus en plus intégré au concert des nations, le Kazakhstan pourrait s’avérer être un acteur incontournable de la région dans les années à venir.

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