Une Africaine nommée à la tête de l’OMC

Une Africaine nommée à la tête de l’OMC

La Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala est devenue la première femme et la première personne d’origine africaine à prendre la direction de l’Organisation mondiale du commerce. Ses compétences saluées du Nigeria aux organisations financières internationales lui ont permis d’être choisie à l’unanimité à la tête d’une institution en pleine crise. « Sous ce gant de velours, il y a une main de fer et une forte volonté » a déclaré à son sujet Christine Lagarde, la présidente de la Banque centrale européenne.

Cela faisait longtemps, depuis août dernier, que le siège de la direction de l’OMC était vacant suite à la démission du Brésilien Roberto Azevêdo. Cependant les discussions entre les 164 pays membres, qui doivent prendre une décision à l’unanimité, avaient achoppé du fait d’un point de vue divergent : celui de Donald Trump. Alors qu’après de longues discussions et trois tours de votation sur une base initiale de huit candidats, tous s’étaient mis d’accord pour nommer Mme Okonjo-Iweala, l’ancien président américain préférait la sud-coréenne Yoo Myung-hee. L’élection en novembre 2020 de Joe Biden a enfin permis de débloquer la situation, celui-ci s’étant rallié à la candidature de consensus.

L’OMC a besoin de réformes profondes

Âgée de 66 ans, l’économiste nigériane est forte d’une longue et solide expérience. Celle qui a commencé sa carrière à la Banque mondiale, où elle a fini par occuper le poste de directrice générale, a aussi été ministre des Finances du Nigeria. Cette habituée des arcanes du pouvoir a un parcours impressionnant, de son pays d’origine aux États-Unis, où elle a étudié tant à Harvard qu’au Massachusetts Institute of Technology. Elle a d’ailleurs acquis la nationalité américaine en 2019 (pour connaître davantage son parcours, lire l’article du Point « Ngozi Okonjo-Iweala, l’Africaine qui veut sortir l’OMC de l’ornière »).

Ngozi Okonjo-Iweala prendra ses fonctions au 1e mars pour un mandant renouvelable de 4 ans. Elle devra remettre cette organisation en crise sur les rails. Les défis sont nombreux, l’organisation a besoin de « réformes profondes et d’envergure » a-t-elle déclaré. Ses priorités seront la négociation ardue d’un accord sur les subventions de la pêche, la refondation de l’organe de règlement des différends de l’OMC, une participation à la lutte contre les effets de la pandémie de Covid, une interrogation sur la place de la Chine dans l’organisation internationale et, en toile de fond, une lutte pour un retour en grâce du multilatéralisme. Car la tendance mondiale est aux accords bilatéraux et régionaux. « Dans la plupart des cas, ces accords dits de « libre-échange » définissent en fait les conditions d’un protectionnisme organisé et négocié », écrit Alternatives économiques. Les États « se sont de plus en plus engagés dans des négociations bilatérales : il y avait 28 traités bilatéraux de commerce en vigueur en 1990, 82 en 2000, 341 aujourd’hui ».

G.M.

Crédit photo : World Economic Forum/swiss-image.ch (licence Creative Commons)

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