La France signe avec l’Espagne son troisième traité d’amitié

La France signe avec l’Espagne son troisième traité d’amitié

Emmanuel Macron et Pedro Sanchez ont scellé hier à Barcelone « un traité d’amitié et de coopération ». Une étape souvent qualifiée d’historique, tant les traités du genre sont rares.

Le président français et 11 de ses ministres étaient hier en déplacement à Barcelone pour renforcer la relation bilatérale entre la France et l’Espagne. Ce traité d’amitié, signé par le président français et le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, n’est que le troisième du genre pour la France, après le traité de l’Élysée conclu avec l’Allemagne en 1963 et celui du Quirinal conclu avec l’Italie en 2021. La presse souligne régulièrement que ce traité intervient au moment où la relation franco-allemande connaît des tensions sur les thèmes de l’énergie et de la défense, désaccords de fond qui devraient être abordés le 22 janvier à Paris à l’occasion d’un conseil des ministres franco-allemand.

« La signature du traité franco-espagnol intervient trois mois après la levée d’un des principaux désaccords entre les deux pays qui ont décidé, avec le Portugal, d’enterrer le projet de gazoduc « Midcat », auquel s’opposait Paris, pour le remplacer par un pipeline d’hydrogène « vert » reliant Barcelone à Marseille et baptisé H2Med », écrit La Tribune. Du côté français, l’intérêt économique de ce projet était mis en cause, tout comme étaient invoqués d’importants impacts environnementaux. En Espagne, la ministre de l’Énergie Teresa Ribera a déclaré étudier « la possibilité d’utiliser la même voie et les mêmes travaux publics pour certaines des interconnexions électriques que nous avons en attente ».

Plus forts pour lutter contre les dépendances stratégiques de l’UE

Le renforcement des relations bilatérales entre la France et l’Espagne s’intègre bien entendu dans le cadre européen, avec pour objectif de pouvoir élaborer des propositions communes plus fortes. Emmanuel Macron entend en effet élaborer « une ligne commune », « une position volontariste » avec Pedro Sanchez pour apporter une réponse à l’Inflation Reduction Act du président américain Joe Biden. Il s’agit d’un plan d’investissements massifs qui favorise les entreprises américaines en renforçant le protectionnisme, et qui risque d’attirer des entreprises européennes, accélérant en Europe un processus de désindustrialisation déjà avancé. L’Union européenne a fort à faire pour ne pas se montrer plus longtemps naïve, sur ce front comme sur d’autres, et jouer contre les intérêts de ses membres au nom d’une sacro-sainte  libre concurrence.

Toujours au chapitre économie, industrie, connectivité et tourisme, Espagne et France s’engagent à « réduire la dépendance stratégique de l’UE » dans six secteurs reconnus comme  « sensibles » : l’énergie, les matières premières critiques, les semiconducteurs, la santé, la digitalisation ainsi que le secteur agroalimentaire. Aussi, sur le plan de la santé, les deux pays échangeront désormais de façon constante des informations pour prévenir les crises sanitaires, et se prêteront assistance mutuelle le cas échéant.

Il reste à souhaiter que ce traité d’amitié résiste dans les faits aux futurs changements de gouvernement. En effet, le traité d’amitié du Quirinal signé entre la France et l’Italie, sous le gouvernement de Mario Draghi, doit désormais vivre avec le gouvernement d’extrême droite de Giorgia Meloni. Or le gouvernement français a montré avoir du mal à accepter le choix actuel des Italiens. L’amitié et le respect entre voisins devraient cependant dépasser avec hauteur de vue les considérations politiques et politiciennes ancrées dans le temps court.

G.M.

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