Ukraine : une guerre qui ne dit pas son nom

Alors que le Président russe Vladimir Poutine multiplie les déclarations pacifistes et déplore les crimes perpétrés à l’égard des civils par l’armée ukrainienne, on estime à 8000 le nombre de soldats russes combattant actuellement aux côtés des séparatistes dans l’est du pays.

 

Ukraine guerre qui ne dit pas son nom

 

Ces chiffres nous viennent d’un source singulière : le Comité des mères de soldats russes. Ces estimations se fondent sur les informations fournies par les familles dont les fils ou les maris ont été envoyés en manoeuvres, avant de devenir injoignables. D’autres sources parlent de 15 000 soldats mobilisés dans ce conflit.

En outre, des funérailles militaires se sont multipliées en Russie, et dix parachutistes russes ont étés appréhendés par l’armée ukrainienne la semaine dernière dans une zone de conflit. Le Kremlin a justifié leur présence en affirmant qu’ils étaient entrés « par erreur » dans le pays voisin.

L’ambassadeur américain en Ukraine, Geoffrey Pyatt a même déclaré sur Twitter « Les tanks, les véhicules blindés, l’artillerie et les multiples lanceurs de missiles fournis par les Russes [aux rebelles] n’ont pas été suffisants (…) donc un nombre croissant de troupes russes intervient maintenant directement dans les combats sur le territoire ukrainien. »

Si les preuves d’une présence russe aux côtés des séparatistes se font chaque jour un peu plus irréfutables, on ressent aussi l’effet de ce soutien sur le terrain. D’après l’AFP, les signes d’un retrait des forces loyalistes ukrainiennes s’accumulent autour de Donetsk, et des véhicules militaires auraient même été abandonnés au sud de ce point fort pro-russe.

Des pourparlers ont commencé à Minsk en début d’après-midi, réunissant la Russie, l’Ukraine, les séparatistes et l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Les responsables publics occidentaux et les experts restent néanmoins prudents. «Le temps joue en faveur de Moscou, qui pourrait vouloir prolonger le conflit jusqu’à l’hiver», d’après l’analyste Konstantin Kalatchev. En effet, pour passer l’hiver, l’Ukraine aura besoin de 5 milliards de mètres cube de gaz, qui leur étaient jusqu’à aujourd’hui en large majorité fournis par la Russie.

 

 

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