Bolivie : troisième mandat pour Evo Morales

La Bolivie – qui a connu 160 coups d’Etat depuis l’indépendance, en 1825 – semble s’orienter vers une stabilité politique durable avec la réélection du président sortant Evo Morales. Cette victoire n’est pourtant pas sans faire grincer certaines dents.

 

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Une victoire sans surprise, mais néanmoins triomphale ; dimanche soir, avec une écrasante majorité – 61% des voix – Evo Morales est réélu à la tête de la Bolivie. Il s’agit du premier président amérindien de Bolivie. L’homme âgé de 54 ans est au pouvoir depuis 2005. Il bénéficie d’un grand soutien populaire, fondé sur ses réussites en matière de lutte contre la pauvreté et la faim, ainsi que l’amélioration des conditions de vie et la partage des technologie avec toute la population dans le pays le plus démuni d’Amérique latine.

Le scrutin est particulièrement révélateur, comme le vote est obligatoire dans le pays sous peine d’une amende importante. La consommation d’alcool a même été interdite quarante-huit heures avant le suffrage et jusqu’à douze heures après, ainsi que le port d’armes à feu.

«Aujourd’hui nous sommes dignes. Plus jamais nous ne serons mendiants, ni humiliés»

Ancien berger de lamas, né dans la misère, syndicaliste forcené, il a sorti la Bolivie du marasme financier. Mais Morales ne fait pas exactement l’unanimité. Il s’est attiré les foudres des classes les plus aisées en appliquant une politique socialiste proche du communisme. Les Etats-Unis le considèrent également comme une menace – il cite souvent Castro et Chavez comme ses héros. De plus, il s’agit de son troisième mandat, alors que la constitution du pays, qui n’en autorise que deux successifs. Sa seconde présidence a néanmoins débuté sous le jour d’une nouvelle constitution.

On lui reproche également d’avoir soutenu une loi autorisant, sous certaines conditions, le travail des enfants à partir de 10 ans. Il s’agit d’une pratique commune dans de nombreux pays d’Amérique latine, a laquelle il disait vouloir donner un cadre légal. Le pays est également largement handicapé par la corruption, l’insécurité, et le trafic de drogue.

Dimanche soir, son adversaire principal, Samuel Doria Medina, a pris acte de sa victoire, tout en rappelant que Morales ne pourra plus être légalement réélu.

 

 

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