Indonésie : les journalistes français condamnés mais bientôt libres

Condamnés pour mieux être libérés. Après s’être vus infliger une sentence de deux mois et demi de prison, les deux journalistes français Valentine Bourrat et Thomas Dandois, en détention provisoire en Papouasie depuis début août, ont donc déjà purgé leur peine, et vous pouvoir rentrer lundi.

 

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Les deux journalistes Valentine Bourrat et Thomas Dandois ont été reconnus coupables, par un tribunal indonésien à Jakarta, d’avoir abusé de leur visa de tourisme pour effectuer un reportage pour la chaîne de télévision franco-allemande Arte en Papouasie. Il encourraient une peine de 5 ans, et certains craignaient que leur châtiment soit exemplaire.

Ils réalisaient un reportage sur les séparatistes du Mouvement de libération de Papouasie (OPM), le plus important groupe séparatiste du pays. Les autorités locales ne souhaitent pas que l’on parle de cette rébellion, et restreignent donc l’accès à la région aux journalistes.

Endy M. Bayuni, l’ancien rédacteur en chef du Jakarta Post confiait « Même les agences de presse internationales comme l’Agence France presse (AFP), Reuters ou Associated Press (AP) qui font une demande de visa doivent parfois attendre plus d’un an pour l’obtenir. Cette lenteur permet aux autorités de nier que la Papouasie est interdite aux journalistes étrangers. »

En 2010, Baudouin Koenig, et de son assistante Carole Lorthiois, qui réalisaient également un reportage dans lé région pour Arte, avaient également étés chassés du pays – sort habituellement réservé aux journalistes qui s’y rendent pour travailler sans visa. Cependant, ils avaient un visa réglementaire. La problème était qu’ils avaient filmé une manifestation pacifique d’étudiants en faveur de l’autonomie.

Thomas Dandois s’est dit «très soulagé». « C’est une mauvaise passe qui est en train de se terminer, » a-t-il commenté. Toutefois, l’ avocat de la défense, Me Aristo Pangaribuan, a apporté une ombre au tableau : ils ont tout de même été condamnés, ce qui « ouvre la porte à la criminalisation des activités journalistiques » a-t-il prévenu.

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