Au Burkina Faso, l’armée consolide son pouvoir pas à pas

Au Burkina Faso, la désignation par la haute hiérarchie militaire du lieutenant-colonel Isaac Zida comme chef du régime de transition divise. L’opposition a tenté de prendre le pouvoir dimanche, sans succès, et l’armée semble renforcer son assise.

 

BURKINA

 

Finalement jugé comme trop proche de Compaoré, le général Traoré a été écarté du pouvoir au profit du lieutenant-colonel Isaac Zida, un homme dont on sait peu de choses. Bien que moins impopulaire de Traoré, cette désignation semble néanmoins diviser le pays alors que des manifestants, quelque milliers soit sensiblement moins que lors des protestations qui ont mené au départ du président Comparoé, sont descendu dans les rues de la capitale ce week-end.

Ils s’étaient mobilisés à l’appel de l’opposition pour dénoncer la prise de pouvoir de l’armée. S’il n’y a eu aucun affrontement avec les militaires, un homme est toutefois mort, victime d’une balle perdue. L’armée à pris le contrôle de la place de la Nation, lieu emblématique de la révolte populaire qui a chassé Compaoré vendredi.

Des soldats ont également investi la radio-télévision nationale (RTB), où un ancien ministre, le général Kouamé Lougué, et la dirigeante d’un petit parti de l’opposition avaient tenté de s’auto-proclamer chef de la transition, sans succès. L’opposition, qui conteste une « confiscation du pouvoir » et même un coup d’état militaire, a pu rencontré le lieutenant-colonel Zida, dimanche. Il n’y a eu aucune déclaration à la fin de la rencontre.

La constitution burkinabè prévoit que le président de l’Assemblée nationale assure l’interim du pouvoir en cas de vacance. La communauté internationale ne semble pas non plus avoir une confiance totale en ce nouvel homme fort du Burkina Faso – tout particulièrement Washington. L’émissaire de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambas, appelle ce dimanche à la mise en place d’un régime de transition « conduit par un civil et conforme à l’ordre constitutionnel. » Sans cela, le Burkina Faso pourrait faire l’objet de sanctions économiques.

 

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