Dernière ligne droite pour la 1ère édition du Festival Fro Gabon

Dernière ligne droite pour la 1ère édition du Festival Fro Gabon

2015 aura été l’année du lancement d’un festival pas comme les autres et qui devrait être le premier d’une longue série : le Festival Fro Gabon. Organisé dans trois villes du pays du 1er au 20 décembre, cette manifestation artistique d’un nouveau genre entend faire raisonner l’importance des origines et du multiculturalisme au moment où les querelles de clocher tendent à occulter ce qui fait la force d’un pays comme le Gabon.

Mis en scène par l’association Sauris Sage, le Festival Fro Gabon voit les choses en grand pour sa première édition, puisque des événements sont organisés à Libreville, Port-Gentil et Lambaréné. « Les fondations reposent sur les origines », mais pas des origines dites « pures » ou remontant aux tréfonds de l’humanité. Il s’agit plutôt de l’acceptation de l’autre avec ses origines, son bagage culturel et ce qu’il peut proposer à la société pour l’enrichir et la rendre plus vivante. Afin de porter ce message, une dizaine d’artistes de toutes origines sont mobilisés. Des locaux, à l’image de QueenKoumb, Scen’art, Batchiellilys et Naneth, en passant par des noms qui ont traversé les frontières comme Fredy Massamba, les artistes sont de sortie.

Un des objectifs des organisateurs sur le plan artistique est d’arriver à mélanger harmonieusement les instruments traditionnels à des sons plus modernes. Si le concert du 17 décembre prochain à l’Institut français du Gabon (IFG) à Libreville retient particulièrement l’attention du public, le festival organise de nombreux ateliers découvertes et de conférences aux sujets aussi divers que le chant, la danse, la poésie urbaine, la peinture murale, la responsabilité environnementale et l’engagement citoyen. Le message est positif et doit inclure le plus grand nombre possible.

Les premiers événements ont déjà connu un succès populaire incontestable dans un pays qui donne l’exemple d’un multiculturalisme réussi notamment en politique. Le président Ali Bongo fait en effet entièrement confiance à son chef de cabinet Maixent Accrombessi, né au Bénin et naturalisé en 1996. Devenu Gabonais, celui qui n’a pas oublié ses origines béninoises (il a toujours un passeport) est aujourd’hui une des figures les plus influentes de la politique de son pays d’adoption. Un exemple venant du haut dans un pays ouvert à l’étranger et qui est le parfait réceptacle du Festival Fro Gabon.

Une bonne pioche donc pour la fondation Fro qui pour la première fois est venue en Afrique et a choisi le Gabon après des manifestations au Québec, en Amérique du Sud et notamment en Guyane française. Nul doute que le pays accueillera à l’avenir de nouvelles éditions après une première en 2015 très réussie, mais qui doit encore s’achever en apothéose.

 

Crédits photo : Sidney Mba

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