Brésil : la publication d’une écoute embarrassante met Rousseff et Lula face à leurs responsabilités

Brésil : la publication d’une écoute embarrassante met Rousseff et Lula face à leurs responsabilités

D’importantes manifestations ont eu lieu au Brésil à Brasilia et Sao Paulo devant les bâtiments de la présidence. La foule a voulu exprimer son profond désarroi quant à la publication d’une écoute judiciaire d’une conversation gênante entre la présidente Dilma Rousseff et son prédécesseur Lula, qui a été nommé la même journée au gouvernement.

« Démission ! Démission ! »

Sur cette bande sonore, enregistrée dans la matinée par la police judiciaire, on entend Dilma Roussef appeler Lula pour l’informer qu’elle va lui présenter son « décret officiel » afin que celui-ci lui serve « seulement en cas de besoin ».

Cet échange montre à bien des égards l’utilisation de la nomination de Lula au gouvernement afin qu’il obtienne l’immunité le protégeant d’un éventuel placement en détention dans l’affaire de corruption entourant la Petrobas.

Ainsi défendu par son statut de ministre du gouvernement, Lula ne peut plus être appelé que devant le Tribunal suprême fédéral (STF) qui sera en charge de la partie politique du dossier.

L’extrait de la discussion entre Lula et Rousseff a été rendu public par Sergio Moro, le juge fédéral responsable de l’affaire, c’est lui-même qui avait ouvert l’enquête contre l’ancien leader brésilien (2003-2010), l’inculpant de corruption et blanchiment d’argent.

A la suite de la publication de cette bande, les députés de l’opposition n’ont pas manqué d’animer la séance à l’Assemblée et au Sénat, chacun brandissant leur poing en scandant : « Démission ! Démission ! ».

Plus tard, ce sont près de 2.000 personnes qui se sont spontanément agglutinées devant les bâtiments de la présidence de la République à Brasilia afin d’exiger la démission de Lula et de Dilma Rousseff et afin d’exprimer tout leur soutien au juge fédéral Sergio Moro.

Une seconde manifestation a démarré en fin de journée à Sao Paulo, carrefour important de l’économie brésilienne, sur la grande avenue Paulista.

Plusieurs milliers de manifestants reprenaient en cœur « Démission! », « Démission! », au pied du building de la Fédération des industries de Sao Paulo (Fiesp).

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